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Les différences entre la SARL et l’EURL

L’EURL est une SARL à associé unique : il ne s’agit pas de deux formes juridiques concurrentes. Une personne qui crée seule une société à responsabilité limitée constitue une EURL ; dès que la société compte au moins deux associés, elle fonctionne sous la forme d’une SARL. La différence entre SARL et EURL porte donc d’abord sur le nombre d’associés, mais elle entraîne aussi des conséquences importantes en matière de fiscalité, de régime social du gérant et de prise de décision.

Le choix est assez direct au moment de la création : un associé conduit vers l’EURL, tandis qu’un projet porté par deux personnes ou plus conduit vers la SARL. Il faut toutefois anticiper la fiscalité : une EURL dont l’associé unique est une personne physique relève en principe de l’impôt sur le revenu, alors qu’une SARL relève par défaut de l’impôt sur les sociétés.

SARL ou EURL : quelles différences ?

Critère EURL SARL
Nombre d’associés 1 associé unique, personne physique ou morale De 2 à 100 associés, personnes physiques ou morales
Fiscalité par défaut IR si l’associé unique est une personne physique ; IS obligatoire s’il s’agit d’une personne morale IS
Option fiscale Option pour l’IS possible lorsque l’associé unique est une personne physique Option temporaire pour l’IR sous conditions ; régime particulier possible pour certaines SARL de famille
Régime social du gérant Travailleur indépendant si le gérant est l’associé unique ; assimilé salarié si le gérant est un tiers rémunéré Travailleur indépendant si le gérant est majoritaire ; assimilé salarié s’il est minoritaire, égalitaire ou non associé et rémunéré
Capital et apports en numéraire Aucun capital minimum légal ; au moins 20 % des apports en numéraire libérés à la constitution, solde dans les 5 ans Mêmes règles
Décisions L’associé unique décide seul Décisions collectives selon les règles de majorité applicables
Évolution Devient une SARL lorsqu’un ou plusieurs nouveaux associés entrent au capital Devient une EURL lorsque toutes les parts sont réunies entre les mains d’un seul associé

Les règles relatives au capital, à la responsabilité des associés, à la gérance et à une grande partie du fonctionnement sont donc communes. Pour comparer cette famille de sociétés avec une société par actions, il faut en revanche examiner la difference entre SAS et SARL.

EURL ou SARL : quel régime fiscal choisir ?

La principale différence pratique, en dehors du nombre d’associés, est le régime fiscal appliqué par défaut. Une EURL constituée par une personne physique est automatiquement imposée selon le régime de l’impôt sur le revenu. Les bénéfices sont alors imposés directement entre les mains de l’associé unique, qu’ils aient ou non été effectivement prélevés.

Pour une activité commerciale ou artisanale, le bénéfice relève des BIC, bénéfices industriels et commerciaux. Pour une activité libérale relevant de cette forme sociale, il relève des BNC, bénéfices non commerciaux. L’EURL peut opter pour l’impôt sur les sociétés. L’option peut notamment être effectuée dès la création ou, pour un changement en cours de vie sociale, avant la fin du troisième mois de l’exercice au titre duquel l’IS doit s’appliquer pour la première fois.

Une renonciation à l’option pour l’IS reste possible dans le délai prévu par la législation fiscale. À défaut de renonciation avant l’échéance applicable au cinquième exercice suivant celui au titre duquel l’option a été exercée, l’option devient irrévocable. Lorsque l’associé unique de l’EURL est une personne morale, l’IS s’applique obligatoirement.

La SARL, à l’inverse, est soumise de plein droit à l’impôt sur les sociétés. Elle peut opter temporairement pour l’impôt sur le revenu si toutes les conditions légales sont réunies :

  • exercer principalement une activité commerciale, artisanale, agricole ou libérale ;
  • ne pas être cotée en bourse ;
  • employer moins de 50 salariés ;
  • réaliser un chiffre d’affaires annuel ou présenter un total de bilan inférieur à 10 millions d’euros ;
  • avoir été créée depuis moins de 5 ans au moment de l’option ;
  • avoir au moins 50 % des droits de vote détenus par une ou plusieurs personnes physiques ;
  • avoir au moins 34 % des droits de vote détenus par le ou les dirigeants et les membres de leur foyer fiscal.

Cette option pour l’IR est limitée à 5 exercices et ne peut pas être renouvelée. Elle ne doit pas être confondue avec le régime de la SARL de famille : sous certaines conditions de liens familiaux et d’activité, celle-ci peut opter pour l’IR sans limitation de durée.

EURL : Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée

L’EURL permet à une personne physique ou morale de détenir seule les parts d’une société à responsabilité limitée. Elle peut exercer la plupart des activités commerciales, artisanales ou industrielles ainsi que certaines activités libérales. Des secteurs sont toutefois exclus ou soumis à des formes spécifiques, notamment certaines professions libérales réglementées, les activités d’assurance ou d’autres professions pour lesquelles une réglementation particulière s’applique.

Il n’existe aucun capital social minimum imposé par la loi. L’associé unique fixe donc le capital dans les statuts en fonction des besoins de l’entreprise. Pour les apports réalisés en numéraire, au moins 20 % doivent être libérés lors de la constitution et le solde doit l’être dans les 5 années suivant l’immatriculation.

La responsabilité de l’associé unique est en principe limitée au montant de ses apports. Cette protection ne couvre cependant pas toutes les situations. Si l’associé est également gérant, sa responsabilité personnelle peut être engagée en cas de faute de gestion. Les créanciers peuvent également agir contre lui dans les limites d’une caution personnelle qu’il aurait volontairement accordée, par exemple pour garantir un financement bancaire.

Quel statut social pour le gérant d’EURL ?

Lorsque l’associé unique est également gérant, il relève du régime des travailleurs indépendants. Il ne bénéficie donc pas du statut de salarié du seul fait de ses fonctions de dirigeant.

Lorsque la gérance est confiée à un tiers non associé et que celui-ci est rémunéré pour son mandat, le gérant est assimilé salarié et relève du régime général de la Sécurité sociale. Cette assimilation ne lui donne pas automatiquement droit à l’assurance chômage au titre de son mandat social.

Si l’associé unique n’est pas gérant mais exerce personnellement une activité professionnelle au sein de l’EURL, son affiliation sociale doit également être examinée : l’exercice effectif d’une activité dans la société peut entraîner son affiliation au régime des travailleurs indépendants.

SARL : Société à Responsabilité Limitée

La SARL compte au moins 2 associés et au maximum 100. Elle peut être utilisée pour une activité artisanale, commerciale ou industrielle ainsi que pour exercer une profession libérale non réglementée. Les activités réglementées doivent être vérifiées séparément, certaines professions devant utiliser une structure spécialement prévue par leurs textes professionnels.

Comme dans une EURL, aucun capital minimum légal n’est exigé. Les associés déterminent son montant dans les statuts. Pour les apports en numéraire, 20 % au minimum doivent être versés lors de la constitution ; le solde doit être libéré dans un délai maximal de 5 ans à compter de l’immatriculation. Cette règle signifie qu’il faut verser au moins 20 % à la création, et non que les apports doivent être inférieurs ou égaux à 20 % du capital.

La responsabilité de chaque associé est limitée à ses apports. La responsabilité personnelle du gérant peut toutefois être recherchée en cas de faute de gestion et un associé ou gérant reste engagé lorsqu’il a donné une caution personnelle.

Quel régime social pour le gérant de SARL ?

Le régime dépend de la part du capital détenue par le gérant. Un gérant détenant plus de la moitié des parts sociales est majoritaire et relève du régime des travailleurs indépendants. Un gérant détenant moins de 50 % des parts est minoritaire ; à exactement 50 %, il est égalitaire. Le gérant minoritaire ou égalitaire rémunéré relève du régime général en tant qu’assimilé salarié.

Le gérant non associé rémunéré est lui aussi assimilé salarié. Dans ces différentes situations, le mandat social ne procure pas à lui seul une assurance chômage. Un associé qui n’exerce aucune fonction salariée n’est pas considéré comme salarié simplement parce qu’il détient des parts. Un véritable contrat de travail suppose notamment des fonctions distinctes, une rémunération et, lorsque cela est juridiquement possible, un lien de subordination.

Passer d’une EURL à une SARL ou d’une SARL à une EURL

L’entrée d’un nouvel associé fait passer l’EURL en SARL sans transformation en une autre forme juridique. L’EURL étant déjà une SARL à associé unique, l’arrivée d’un second associé suffit à lui faire perdre son caractère unipersonnel. Cela peut notamment résulter d’une cession d’une partie des parts de l’associé unique ou d’une opération sur le capital permettant l’entrée d’un nouvel associé.

Le caractère automatique du passage sur le plan juridique ne signifie pas qu’aucune formalité n’est nécessaire. En cas de cession de parts, l’opération doit être formalisée conformément aux règles applicables. Les statuts doivent être adaptés lorsque leurs dispositions ne permettent pas le fonctionnement avec plusieurs associés, puis les modifications requises doivent être déclarées sur le guichet des formalités des entreprises.

Le mouvement inverse est également possible : lorsqu’une seule personne finit par détenir toutes les parts d’une SARL, celle-ci devient une EURL. Cette situation peut résulter du rachat des parts des autres associés, de leur retrait ou, selon les circonstances, d’une transmission. La réunion de toutes les parts entre les mains d’une seule personne n’entraîne pas la dissolution de la société.

Le passage de l’une à l’autre peut toutefois modifier la fiscalité. Une EURL détenue par une personne physique et imposée à l’IR qui accueille de nouveaux associés devient en principe une SARL soumise à l’IS, sauf application d’un régime permettant l’IR. Inversement, lorsqu’une SARL soumise à l’IS devient une EURL détenue par une personne physique, le maintien ou non de l’IS doit être traité lors de l’opération : un changement de régime fiscal peut produire les conséquences fiscales d’une cessation d’entreprise. Une ancienne option pour l’IS devenue irrévocable reste attachée à la société lorsque les conditions prévues par la doctrine fiscale sont réunies.

Quelle forme choisir selon le projet ?

Création seul sans projet d’association à court terme

L’EURL correspond directement à cette configuration : l’associé unique conserve seul les pouvoirs normalement exercés collectivement par les associés d’une SARL. Pour une personne physique, il faut surtout arbitrer entre l’IR applicable par défaut et une éventuelle option pour l’IS en fonction du bénéfice attendu, des sommes à laisser dans la société et du mode de rémunération envisagé.

Projet créé dès le départ par deux personnes ou plus

La SARL s’impose dans cette famille juridique puisqu’une EURL ne peut avoir qu’un associé. Elle permet d’accueillir jusqu’à 100 associés et organise dans les statuts la répartition des parts ainsi que les règles de décision. La répartition du capital doit également être réfléchie en fonction du régime social du gérant, puisque le passage au-dessus ou en dessous de 50 % peut modifier son statut social.

Création seul avec entrée d’associés prévue ultérieurement

Il n’est pas nécessaire de créer immédiatement une SARL avec un associé de circonstance. Une EURL peut être constituée par une seule personne puis devenir une SARL lors de l’entrée d’un ou plusieurs associés. Lorsque cette évolution est déjà envisagée, les statuts peuvent être préparés de manière à limiter les adaptations nécessaires au moment de l’ouverture du capital.

Questions fréquentes sur la SARL et l’EURL

Quelle différence entre une SARL et une EURL ?

L’EURL est une SARL comportant un seul associé. La SARL classique doit en compter de 2 à 100. Cette différence entraîne notamment un fonctionnement unipersonnel en EURL et collectif en SARL, ainsi qu’une fiscalité par défaut différente : IR pour l’EURL détenue par une personne physique et IS pour la SARL.

Peut-on passer d’une EURL à une SARL ?

Oui. Dès qu’un ou plusieurs nouveaux associés entrent au capital, l’EURL devient une SARL. Il ne s’agit pas juridiquement de transformer la société en une autre forme, mais les statuts et les informations déclarées doivent être adaptés lorsque l’opération le nécessite. Le passage inverse intervient lorsque toutes les parts d’une SARL sont réunies entre les mains d’un seul associé.

Quel régime fiscal pour une EURL ?

Une EURL dont l’associé unique est une personne physique relève par défaut de l’impôt sur le revenu et peut opter pour l’impôt sur les sociétés. Lorsque l’associé unique est une personne morale, l’EURL est obligatoirement soumise à l’IS. Une option pour l’IS devenue définitive ne disparaît pas simplement à l’occasion d’un changement d’associé.

Sources officielles consultées le 19 août 2026 : Entreprendre Service Public – EURL, Entreprendre Service Public – SARL, impots.gouv.fr – fiscalité de l’EURL et documentation fiscale BOFiP relative au passage entre EURL et SARL.