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Comment déterminer la nature de l’activité de votre société en micro entreprise ?

Avant de fonder votre société ou de déclarer une activité indépendante, vous devez définir la nature de l’activité exercée. Cette qualification permet notamment de distinguer les activités commerciales, artisanales, libérales, industrielles et agricoles. Elle intervient dans l’immatriculation, le régime fiscal et social, certaines obligations professionnelles et, lorsque l’entreprise emploie des salariés, la convention collective applicable.

Une précision est nécessaire : juridiquement, une micro-entreprise n’est pas une société. Il s’agit d’une entreprise individuelle bénéficiant d’un régime fiscal et social simplifié. Une SASU, une EURL ou une autre société ne peut donc pas être « micro-entreprise ». La nature de l’activité et le choix de la forme juridique sont deux questions distinctes.

Comment déterminer la nature de l’activité d’une entreprise ?

La nature de l’activité se détermine d’après ce qui est réellement exercé : achat et revente, fabrication ou réparation, prestation intellectuelle, production industrielle ou activité dépendant d’un cycle biologique agricole. Le nom donné à l’activité par l’entrepreneur ne suffit pas. Une même appellation commerciale peut recouvrir des activités juridiquement différentes.

Nature Critère principal Immatriculation et registre Régime social de l’indépendant Exemples
Commerciale Achat-revente, certaines prestations commerciales, restauration, hébergement ou location Formalité sur le guichet unique des entreprises ; inscription au RNE et au RCS pour le commerçant Régime général des travailleurs indépendants, cotisations recouvrées par l’Urssaf ; micro-social si les conditions sont remplies Commerçant, restaurateur, vendeur en ligne, transporteur
Artisanale Production, transformation, réparation ou prestation relevant du secteur des métiers et de l’artisanat Formalité sur le guichet unique ; inscription au RNE en tant qu’entreprise du secteur des métiers et de l’artisanat lorsque les conditions sont réunies Régime général des travailleurs indépendants, cotisations recouvrées par l’Urssaf Coiffeur, plombier, boulanger, vitrier, réparateur de vélos
Libérale Prestation principalement intellectuelle, technique ou de conseil Formalité sur le guichet unique ; inscription au RNE Urssaf ; retraite relevant du régime général ou de la Cipav pour certaines professions Consultant, traducteur, formateur, psychologue, architecte selon les conditions propres à la profession
Industrielle Production ou transformation reposant principalement sur des moyens et procédés industriels Formalité sur le guichet unique ; registre déterminé selon les caractéristiques juridiques de l’activité Régime des indépendants lorsque l’activité est exercée en entreprise individuelle ; règles propres au statut choisi Fabrication industrielle, transformation de matières, extraction, métallurgie
Agricole Exploitation d’un cycle biologique végétal ou animal ou activité constituant le prolongement direct d’une production agricole Formalité sur le guichet unique puis traitement par les organismes compétents MSA Agriculteur, éleveur, maraîcher, producteur fermier

Depuis le 1er janvier 2023, les créations, modifications et cessations d’entreprise passent par le guichet unique des formalités des entreprises. Les anciens centres de formalités des entreprises ne constituent donc plus des guichets d’immatriculation distincts selon que l’activité dépendait d’une CCI, d’une CMA ou de l’Urssaf.

Quelle nature d’activité peut relever de la micro-entreprise ?

Le régime de la micro-entreprise peut principalement couvrir les activités commerciales, artisanales, industrielles relevant des BIC et certaines activités libérales. Une activité agricole relevant de la MSA ne peut pas être exercée sous le régime du micro-entrepreneur.

Pour les revenus perçus en 2026, les principaux plafonds du régime micro-fiscal sont de 203 100 € de chiffre d’affaires hors taxes pour les activités de commerce et certaines activités d’hébergement, et de 83 600 € pour les prestations de services relevant des BIC et les activités libérales relevant des BNC. Des règles particulières existent notamment pour les locations meublées et les activités mixtes.

Mon activité est-elle commerciale ?

Votre activité est commerciale si vous achetez des biens ou des marchandises pour les revendre dans un but lucratif, ou si vous exercez certaines prestations considérées comme commerciales. Cela concerne notamment la restauration, l’hébergement, certains transports, les spectacles, la sécurité et diverses activités de location.

Dans certains cas, vous faites du commerce de biens ou de services de location. Les objets que vous louez ou vendez peuvent être des biens meubles corporels, comme des objets et du mobilier, ou certains biens incorporels. La qualification exacte dépend cependant de l’opération réalisée : toutes les prestations informatiques, de design ou de création ne sont pas automatiquement commerciales, certaines pouvant relever d’une activité libérale.

Une activité commerciale ne nécessite pas, par principe, de diplôme spécifique. Cette règle ne dispense toutefois pas de respecter les conditions propres à une activité réglementée : autorisation, carte professionnelle, licence ou qualification peuvent être exigées pour certains métiers.

La micro-entreprise est particulièrement adaptée à une petite activité commerciale lorsque ses charges réelles restent limitées. Le régime micro ne permet pas de déduire individuellement les achats, loyers, frais de véhicule ou autres dépenses professionnelles pour calculer le bénéfice imposable : l’administration applique un abattement forfaitaire.

Mon activité est-elle artisanale ?

Une activité est artisanale lorsqu’elle relève d’une activité de production, de transformation, de réparation ou de prestation de services appartenant au secteur des métiers et de l’artisanat.

Pour qu’une entreprise soit immatriculée au RNE comme entreprise du secteur des métiers et de l’artisanat, elle doit notamment exercer une activité figurant sur la liste officielle correspondante et compter moins de 11 salariés lors de sa création. Le dépassement ultérieur de ce seuil n’entraîne pas nécessairement la disparition immédiate de son caractère artisanal.

La qualification professionnelle doit être distinguée de la simple classification de l’activité. Certaines activités artisanales réglementées ne peuvent être exercées que sous le contrôle effectif et permanent d’une personne possédant le diplôme, le titre ou l’expérience professionnelle requis. Il faut donc vérifier les règles propres au métier avant l’immatriculation.

Par exemple, les métiers artisanaux comprennent notamment les taxis et VTC, la coiffure, l’esthétique, de nombreux métiers de bouche comme boulanger, chocolatier, fromager ou glacier, ainsi que des métiers techniques et manuels tels que plombier, vitrier, ramoneur, prothésiste dentaire ou réparateur de vélos.

L’artisan travaillant souvent seul ou avec une petite structure, la micro-entreprise peut convenir à ce type d’activité. Elle devient toutefois moins intéressante lorsque le métier nécessite beaucoup de matières premières, de matériel ou de sous-traitance, puisque les dépenses réelles ne sont pas déduites du chiffre d’affaires dans le régime micro-fiscal.

Mon activité est-elle libérale ?

Une activité libérale consiste principalement à fournir, de manière indépendante, une prestation intellectuelle, technique ou de conseil contre rémunération. Consultant, traducteur, formateur, écrivain public ou coach professionnel peuvent notamment relever de cette catégorie.

Il n’existe pas d’obligation générale de posséder un diplôme pour toute activité libérale. Le diplôme, le titre professionnel, l’inscription à un ordre ou une autorisation sont exigés lorsque la profession est réglementée.

La distinction entre profession libérale réglementée et non réglementée ne permet pas, à elle seule, de savoir si le régime micro est possible. De nombreuses activités libérales non réglementées y sont éligibles et certaines professions réglementées relevant de la Cipav peuvent également relever du régime micro-social. C’est notamment le cas, sous réserve des règles professionnelles applicables, de professions telles que l’architecte, l’architecte d’intérieur, l’économiste de la construction, le maître d’œuvre, le géomètre expert, le psychologue ou l’ostéopathe.

Les activités libérales non réglementées couramment exercées sous le régime micro comprennent notamment le conseil, la traduction, la formation, l’écriture publique et certaines activités du numérique. Le micro-entrepreneur doit respecter les plafonds de chiffre d’affaires applicables pour conserver le régime micro-fiscal.

Mon activité est-elle industrielle ?

Une activité est industrielle lorsque la production ou la transformation repose principalement sur l’utilisation organisée de moyens techniques, de machines ou de procédés industriels. Sont notamment concernés la fabrication en série, certaines activités d’extraction, la métallurgie ou la transformation de matières.

La frontière avec l’artisanat dépend notamment de l’organisation de la production. Entreprendre Service Public présente l’activité industrielle comme une activité artisanale qui s’est développée de façon importante, tandis que la fiscalité distingue explicitement les professions industrielles, commerciales et artisanales parmi les activités générant des bénéfices industriels et commerciaux, ou BIC.

Une petite activité de fabrication peut donc relever du régime micro-BIC lorsqu’elle respecte les conditions du régime et ne fait pas partie d’une activité exclue. Il ne faut pas déduire le caractère industriel de la seule présence d’une machine : la nature réelle de la production, son organisation et la catégorie de l’activité déclarée doivent être examinées.

Mon activité est-elle agricole ?

Une activité est agricole lorsqu’elle dépend de l’exploitation d’un cycle biologique végétal ou animal. Cela comprend notamment la culture, l’élevage et certaines activités constituant le prolongement direct de la production agricole.

La transformation et la vente directe de produits provenant de l’exploitation peuvent ainsi conserver une nature agricole. Il peut s’agir, par exemple, de la production et de la vente de fromage, beurre, viande ou confiture provenant de l’exploitation. Certaines activités de tourisme à la ferme peuvent également être agricoles lorsqu’elles ont pour support l’exploitation.

À l’inverse, une activité simplement exercée en milieu rural n’est pas nécessairement agricole. La pension de chevaux et l’exploitation de chevaux pour des spectacles sont, par exemple, considérées comme des activités commerciales et non comme des activités agricoles.

L’activité agricole est exclue du régime du micro-entrepreneur. L’exploitant relève en principe de la Mutualité sociale agricole. Le micro-BA, ou micro-bénéfice agricole, est un régime fiscal agricole distinct : son nom ne doit pas être confondu avec le statut de micro-entrepreneur.

Comment fonctionne une activité mixte en micro-entreprise ?

Une micro-entreprise peut exercer simultanément plusieurs activités, par exemple vendre des produits et facturer leur installation. Il faut déclarer les différentes activités et ventiler le chiffre d’affaires correspondant à chacune, car les règles fiscales et les taux de cotisations peuvent différer.

Pour une activité mixte associant vente de marchandises et prestations de services, les seuils applicables en 2026 imposent notamment de respecter le plafond global correspondant à l’activité de vente, soit 203 100 €, tout en maintenant la partie du chiffre d’affaires correspondant aux prestations de services dans la limite de 83 600 €.

La notion d’activité principale dépend du contexte dans lequel elle est utilisée. Pour certaines règles du régime social du micro-entrepreneur, l’activité principale est l’activité la plus ancienne ; lorsque plusieurs activités commencent simultanément, le micro-entrepreneur choisit celle qu’il déclare comme principale. Pour la classification statistique et le code APE, l’Insee recherche au contraire l’activité économiquement dominante.

Une activité accessoire peut devenir principale au cours de la vie de l’entreprise. Si cette évolution modifie réellement l’activité principale déclarée, une formalité de modification doit être effectuée sur le guichet des formalités des entreprises.

Quel lien entre la nature de l’activité et le code APE ?

Le code APE, pour activité principale exercée, est attribué automatiquement par l’Insee après l’immatriculation. L’entrepreneur ne choisit donc pas librement son code APE : l’Insee le détermine à partir de l’activité déclarée et de la Nomenclature d’activités française, ou NAF.

Lorsqu’une entreprise exerce plusieurs activités, son activité principale correspond, au sens statistique, à celle qui génère le plus de valeur ajoutée. Cette valeur étant difficile à mesurer directement, la ventilation du chiffre d’affaires ou des effectifs peut être utilisée pour identifier l’activité dominante.

Le code APE n’a pas valeur de qualification juridique de l’activité. Selon l’Insee, il est attribué à des fins statistiques, ne crée aucun droit ni aucune obligation et constitue seulement une présomption de l’activité exercée. Il ne suffit donc pas, à lui seul, à prouver qu’une activité est commerciale, artisanale, libérale ou réglementée.

Un code APE incorrect peut être rectifié auprès de l’Insee lorsque l’activité a été correctement déclarée. Si l’activité principale a réellement changé, la modification de l’activité doit d’abord être déclarée sur le guichet unique.

Une évolution est déjà programmée : la NAF 2025 entrera en vigueur pour les codes APE au 1er janvier 2027. Les entreprises disposeront alors d’un code APE correspondant à cette nouvelle nomenclature.

Quelles conséquences entraîne la nature de l’activité ?

  • Régime fiscal : les activités commerciales, artisanales et industrielles exercées par une personne physique relèvent généralement des BIC, tandis que les activités libérales relèvent en principe des BNC et les activités agricoles des bénéfices agricoles.
  • TVA : le plafond permettant de rester en micro-entreprise et le seuil de franchise en base de TVA sont deux mécanismes différents. En 2026, la franchise en base repose notamment sur des seuils de 85 000 € pour les activités de commerce, restauration et hébergement concernées et de 37 500 € pour les prestations de services, avec des seuils majorés respectivement fixés à 93 500 € et 41 250 €. Une entreprise peut donc devenir redevable de TVA tout en restant au régime micro.
  • Convention collective : lorsqu’une entreprise emploie des salariés, la convention collective applicable dépend de son activité principale réelle. Le code APE constitue un indice, mais il ne suffit pas à déterminer juridiquement la convention applicable.
  • Comptabilité : le micro-entrepreneur doit tenir un livre des recettes. Les commerçants et fournisseurs de prestations d’hébergement doivent également tenir un registre des achats. Ces informations et leurs justificatifs doivent être conservés pendant 10 ans.
  • Assurances : les obligations dépendent du métier exercé. Une assurance de responsabilité professionnelle peut être imposée dans une activité réglementée ; certaines professions du bâtiment sont notamment soumises à l’assurance de responsabilité décennale.

Questions fréquentes sur la nature de l’activité

Comment déterminer la nature de son activité ?

Il faut partir des opérations réellement réalisées : achat-revente pour une activité commerciale, production ou réparation relevant des métiers pour une activité artisanale, prestation principalement intellectuelle pour une activité libérale, production organisée avec des moyens industriels pour une activité industrielle, ou exploitation d’un cycle biologique végétal ou animal pour une activité agricole. En cas de doute, la description précise de l’activité déclarée sur le guichet unique est plus importante qu’un intitulé de métier trop général.

Quelle différence entre activité commerciale et artisanale ?

L’activité commerciale repose notamment sur l’achat de biens destinés à être revendus ou sur certaines prestations commerciales. L’activité artisanale repose principalement sur un travail de production, de transformation, de réparation ou de prestation relevant du secteur des métiers et de l’artisanat. Une même entreprise peut cumuler les deux qualités : un artisan qui fabrique des produits puis les revend peut exercer une activité à la fois artisanale et commerciale.

Peut-on exercer une activité mixte ?

Oui. Un micro-entrepreneur peut cumuler plusieurs activités compatibles avec ce régime. Il doit déclarer les activités exercées et distinguer les chiffres d’affaires correspondant à chacune lorsque leurs règles fiscales ou sociales diffèrent. Pour une activité mixte de vente et de prestations de services, les plafonds propres à chaque composante doivent également être respectés.

Le code APE détermine-t-il juridiquement la nature de l’activité ?

Non. Le code APE est attribué par l’Insee à des fins statistiques. Il permet d’identifier l’activité principale présumée de l’entreprise, mais il ne crée aucun droit ni aucune obligation et ne constitue pas une preuve juridique définitive de la nature de l’activité.

Sources officielles vérifiées le 19 août 2026 : Entreprendre Service Public, Insee, Urssaf et Mutualité sociale agricole.