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Export agroalimentaire : comment adapter son outil de production à de nouveaux marchés ?

Développer ses ventes à l’étranger peut ouvrir de nouvelles perspectives à une PME agroalimentaire. Mais la conquête de nouveaux marchés ne modifie pas uniquement l’organisation commerciale ou logistique de l’entreprise. Elle peut également avoir des conséquences directes sur la production : volumes plus importants, multiplication des références, nouveaux formats de conditionnement ou exigences différentes en matière d’étiquetage.

L’enjeu consiste alors à faire évoluer son outil de production suffisamment tôt pour accompagner la croissance, sans pour autant investir dans des capacités disproportionnées. Pour une PME, cette adaptation passe généralement par l’identification des principaux points de blocage et par une automatisation progressive des opérations qui limitent réellement la production.

Évaluer les conséquences de l’export sur les besoins de production

Avant d’investir dans de nouvelles machines, il est nécessaire d’estimer précisément l’impact du développement international sur les volumes à produire. Une commande importante obtenue auprès d’un distributeur étranger peut par exemple modifier fortement les cadences pendant quelques semaines, sans nécessairement justifier une augmentation permanente de la capacité de production.

Il faut donc distinguer la capacité moyenne nécessaire des pics d’activité. L’entreprise peut également examiner le temps consacré à chaque étape de fabrication afin de déterminer où se situent les véritables goulots d’étranglement. Une ligne peut disposer d’une capacité de remplissage suffisante tout en étant ralentie par le conditionnement, l’étiquetage ou certaines opérations de manutention encore réalisées manuellement.

Lorsque l’étiquetage devient l’un de ces points de ralentissement, l’intégration d’une étiqueteuse automatique industrielle peut notamment être envisagée pour augmenter la cadence et rendre cette opération plus régulière. L’intérêt réel d’un tel investissement dépend toutefois des volumes, des formats traités et de son intégration avec le reste de la ligne.

Conserver suffisamment de flexibilité pour servir plusieurs marchés

Exporter ne signifie pas nécessairement fabriquer de très grandes séries identiques. Une PME agroalimentaire peut au contraire être amenée à produire davantage de variantes d’un même produit afin de répondre aux attentes de plusieurs distributeurs ou pays.

Le conditionnement, la langue utilisée sur l’emballage, les quantités vendues ou encore les références commerciales peuvent changer d’un marché à l’autre. La capacité à passer rapidement d’une production à une autre devient alors presque aussi importante que la cadence maximale d’une machine. La flexibilité de la ligne de production constitue ainsi un critère essentiel lorsque l’entreprise cible plusieurs marchés.

Élément à étudier Question à se poser
Cadence L’équipement peut-il absorber les volumes prévus lors des périodes de forte demande ?
Formats Peut-il traiter plusieurs tailles ou formes de contenants ?
Changement de série Combien de temps faut-il pour passer d’une référence à une autre ?
Encombrement La machine peut-elle être intégrée dans l’espace de production disponible ?
Évolutivité Pourra-t-elle accompagner une augmentation future des volumes ?

Le choix ne doit donc pas porter uniquement sur la machine offrant la cadence la plus élevée. Pour une PME produisant plusieurs références, un équipement adaptable et simple à régler peut être plus pertinent qu’une solution très performante mais conçue pour une seule production standardisée.

Adapter le conditionnement et l’étiquetage aux marchés ciblés

L’étiquetage des produits alimentaires constitue un bon exemple des changements provoqués par l’internationalisation d’une activité. Un même produit peut nécessiter plusieurs versions d’étiquette selon sa destination. Les langues, les références, certaines informations commerciales et les mentions imposées par la réglementation du marché concerné doivent être prises en compte.

Dans l’Union européenne, les denrées préemballées sont notamment soumises à des règles concernant des informations telles que la dénomination du produit, les ingrédients, les allergènes, la quantité nette, les dates ou encore la déclaration nutritionnelle. La Commission européenne présente les principales règles européennes relatives à l’étiquetage alimentaire. Un exportateur doit parallèlement vérifier les éventuelles dispositions particulières applicables au produit et au pays dans lequel il souhaite le commercialiser.

Plus le nombre de références augmente, plus l’organisation doit limiter les risques de confusion entre les produits, les emballages et les étiquettes. La standardisation de certaines opérations peut alors faciliter la gestion de séries différentes tout en conservant la possibilité d’adapter rapidement la production à la destination des marchandises.

Renforcer la traçabilité et le contrôle qualité

Une augmentation des cadences ne doit pas se traduire par une diminution du niveau de contrôle. Au contraire, une production destinée à plusieurs marchés rend la traçabilité des produits et la maîtrise des références encore plus importantes.

Une erreur qui reste relativement facile à identifier sur une petite série peut devenir beaucoup plus coûteuse lorsque plusieurs milliers de produits ont déjà été conditionnés. L’organisation de la production doit donc permettre de contrôler les informations essentielles au fur et à mesure du processus.

  • identifier précisément les lots et les matières premières utilisés ;
  • vérifier la correspondance entre le produit, son emballage et son étiquette ;
  • contrôler les dates, codes et informations variables imprimées ;
  • prévoir des points de contrôle avant que les produits ne soient regroupés pour l’expédition.

La traçabilité devient ainsi une composante de l’organisation industrielle et non une simple formalité administrative effectuée une fois la production terminée.

Automatiser en priorité les véritables goulots d’étranglement

Pour une PME, l’objectif n’est pas nécessairement d’automatiser immédiatement l’ensemble de la chaîne. Une modernisation progressive de la production permet souvent d’obtenir de meilleurs résultats tout en limitant les investissements initiaux.

Les opérations répétitives qui nécessitent beaucoup de manipulations constituent généralement les premières candidates à l’automatisation. Le conditionnement, le convoyage, l’étiquetage, certains contrôles ou la manutention peuvent ainsi être étudiés séparément. Le gain attendu doit toutefois être évalué sur l’ensemble du processus : accélérer une opération apporte peu d’intérêt si le produit doit ensuite attendre devant le poste suivant.

La réflexion peut également intégrer les besoins commerciaux à moyen terme. Avant d’augmenter fortement ses capacités, une entreprise a intérêt à vérifier que son organisation commerciale est prête à soutenir son développement à l’international. Notre dossier consacré aux conseils pour mieux vendre à l’export revient notamment sur les étapes à préparer en amont d’une stratégie internationale.

Prévoir l’évolution de l’outil de production dès le premier investissement

Une machine industrielle est généralement utilisée pendant plusieurs années. Son choix doit donc tenir compte des besoins actuels, mais aussi des évolutions probables de l’activité. Une PME qui exporte pour la première fois vers un pays peut, quelques années plus tard, commercialiser plusieurs gammes sur différents marchés.

Au-delà du prix d’achat, plusieurs éléments méritent d’être examinés : possibilités de changement de format, capacité à augmenter les cadences, facilité de nettoyage, maintenance, disponibilité des pièces détachées et compatibilité avec les équipements existants. L’espace disponible dans l’atelier constitue également une contrainte importante lorsque plusieurs machines doivent progressivement être ajoutées à une ligne existante.

Cette approche permet d’éviter de dimensionner l’outil de production uniquement en fonction d’une première commande export. L’objectif est plutôt de construire une organisation capable d’absorber progressivement des volumes supplémentaires tout en conservant la souplesse nécessaire pour servir plusieurs marchés.