Manufacture Degorce, Produits chaussants. - les PME exportent

Innovation et Made in France, duo gagnant à l’international

 Les PME des secteurs les plus traditionnels  en innovant, en exploitant  le «  Made in France » se développent à l’international.

La Manufacture Degorce  illustre cette réalité. Fondée en 1962 par Monsieur Degorce, dans la « Charentaise valley », cette entreprise se consacra à la fabrication de pantoufles dites  charentaises. Une innovation à la fin des  années soixante-dix ( semelle injectée en PVC), lui permit de devenir un leader dans ce marché.  Ses produits étant vendus en France  dans les grandes surfaces. La société connut à partir des années 2000 un parcours difficile du fait de l’arrivée dans ce circuit des produits chinois à bas coût.

La société fut reprise en 2013, par Marc Vagogne qui avait fait carrière dans l’imprimerie. Partant du constat qu’avec des produits plutôt anciens et concurrencés, il n’est pas évident,  pour une marque française, en termes de rentabilité, d’être uniquement tributaire des grandes surfaces. Cela l’amena à concevoir une stratégie reposant sur deux piliers. Lancer, à côté de la charentaise classique, de nouvelles gammes de produits chaussants  s’adressant à des publics jeunes,  mis au point avec des designers : des tennis légères, des sneakers,  des ballerines. Simultanément,  jouer à plein le « Made in France » grâce à l’obtention du label EPV (Entreprise du Patrimoine Vivant) et de la  certification Origine France Garantie.

En France  les nouvelles gammes sont vendues dans des points de vente de détail (4 agents seront recrutés pour pénétrer ce type de points de vente) et dans les grands magasins ainsi que  sur un site d’e-commerce créé par la société. Le démarrage  s’avère, depuis un an, très dynamique auprès du public visé.

En 2015, le chiffre d’affaires, stable, s’est élevé à 2,4 millions d’euros. 48 salariés sont employés dans l’entreprise.

La diversification, la carte du Made in France répondaient aussi à un objectif prioritaire, s’ouvrir à l’international. Dans cette optique, une responsable de l’export a été engagée, l’entreprise a participé, ces deux dernières années, à toute une série de salons internationaux en France (Maison et Objet…) mais aussi à Shanghai, à Las Vegas  et Milan… Ces manifestations sont préparées en interne au niveau des stands et de la communication. Enfin des missions et des rendez-vous d’affaires ont eu lieu dans plusieurs pays  avec le concours de la Chambre de Commerce Internationale et de Business France.

Aujourd’hui, l’export représente d’ores et déjà 26 % du chiffre d’affaires.  S’il concerne en Allemagne principalement les charentaises, commercialisées dans ce pays par un vépéciste, les nouveautés constituant une nouvelle gamme  design et jeune  ont convaincu un distributeur coréen rencontré dans un salon qui en quelques mois a écoulé plusieurs milliers de paires de ces  chaussures. Un accord a aussi  été concrétisé avec un distributeur de premier plan au Japon.  Après des premiers contacts  qui n’ont pas été concluants, de nouveaux pourparlers devraient aboutie dans les meilleurs délais pour s’introduire sur le marché américain.

Ce qui fait le succès de la Manufacture Degorce, en plus de la qualité du design des nouveaux produits, c’est l’impact du » Made in France » qui crée une différence immédiate et positive, contrairement à ce qui se passe sur le marché domestique. Dans les deux ans, la société devrait réaliser 40 % de ses ventes à l’international. Cette montée en puissance rapide proviendra essentiellement des nouvelles gammes, des marchés dans lesquels des contrats ont déjà été signés, mais aussi de la pénétration de nouveaux marchés : la Chine  d’un côté, malgré le côté compliqué de ce pays, un partenaire devrait être  trouvé bientôt ; des pays de l’Europe du Nord qui recèlent un potentiel réel. A contrario, le sud du continent  formé de pays  producteurs de ce type de chaussures ne présente pas un  grand potentiel. Dans tous ces nouveaux marchés, c’est le même modèle qui sera adopté, recruter le bon partenaire  des importateurs distributeurs.

Problèmes rencontrés.

A la fois,  et c’est la condition nécessaire, il faut  trouver dans chaque pays un distributeur efficace. Mais il faut aussi  pouvoir disposer de financements,  soit  lever des fonds afin de pouvoir réaliser dans les meilleurs délais et les meilleures conditions, le développement de la société à l’international.

Les conseils de Marc Vagogne, Président de la Manufacture Degorce.

Pourquoi ne pas aller à l’international ? D’autant plus que cela ne demande pas des efforts démesurés. Dans bien  des secteurs, le « Made in France » constitue un atout commercial réel  à condition que l’on possède des produits qui soient à la hauteur de ce que promet ce label pour les acheteurs de nombreux pays.

Robert HAEHNEL 19/07/2016