Philea Textiles (création d'étoffes) - les PME exportent

Savoir être différent

logo philea textiles

Philea Textiles constitue sans conteste l’exemple d’une réussite au plan international dans un secteur, le textile, que l’on croit volontiers banalisé et réservé aux acteurs des pays émergents.
Créée en 1998, par deux anciens salariés de DMC Mulhouse, dont l’actuel gérant Pierre Schmitt, Philea s’est développée en appliquant quelques principes incontournables dans ce secteur d’activité. Se concentrer sur un niveau moyen / haut de gamme en proposant exclusivement des produits originaux. Choisir un positionnement à forte valeur ajoutée au sein de la chaîne textile. Optimiser la dimension mondiale qui a toujours été celle de ce secteur.

Cette démarche a amené la société à se spécialiser dans la création d’étoffes destinées à l’habillement féminin, en intégrant à la fois, l’innovation technique (fils, métalliques, indémaillables…) et une forte créativité au niveau esthétique. La société agit à l’instar d’un bureau de stylisme et conçoit deux collections par an. A partir des créations, un cahier des charges est établi. C’est grâce à une systémique de filière et de partenariat avec des fournisseurs, français, allemands, autrichiens et italiens, dans tous les domaines de la fabrication (filature, moulinage, tissage et ennoblissement…) soigneusement sélectionnés que l’on évite les standards et que ce type de produit qualitatif peut voir le jour.
L’alchimie, d’un savoir faire traditionnel, celui du textile alsacien et d’une recherche de modernité, permet d’atteindre un résultat qui fait différence.
Pour Pierre Schmitt, l’inventivité doit primer, par rapport aux impératifs industriels. C’est en ayant une approche artisanale du produit et une fabrication industrielle avec des kilomètres de tissus, que l’on peut se différencier dans un univers tendant de plus en plus à la banalisation. C’est cette approche qui interpelle, séduit et rassure les acteurs les plus connus du Prêt-à-porter international.

Depuis le XIX e siècle, le textile est un marché mondialisé. Ce qui explique que dès la première année, grâce aux réseaux des deux créateurs, l’international a représenté une part prépondérante des ventes. Les salons professionnels à Paris (Première Vision) à Milan, à Munich, New York, Moscou, Shanghai … ont constitué le moyen de prendre pied dans les marchés mondiaux. Philea a recruté une trentaine d’agents multicartes –dont deux pour la Chine- qui couvrent l’essentiel des marchés. C’est l’apport unique de Philea alliant technique et qualité artistique qui a permis de séduire, par exemple, les acheteurs japonais très sensibles à cette expression renouvelée de la culture textile.
La société a bénéficié du soutien de la Région Alsace, notamment dans le cadre de sa participation aux salons, dans le domaine de l’embauche et de l’expertise. D’un point de vue financier, Philea a pu consolider son développement grâce à la confiance de ses fournisseurs et la mobilisation partielle de ses créances clients dans le cadre de l’assurance crédit Coface. L’internet est un outil de travail indispensable pour s’informer, contacter les clients, améliorer la réactivité et le service. Par contre au plan commercial c’est le contact direct des hommes qui reste indispensable avec la présentation de chaque collection, en face à face, à l’aide d’échantillons et de vêtements mettant en scène les tissus.
En 2009, Philea compte une trentaine d’employés et réalise globalement chaque année, 80 % de son chiffre d’affaires à l’international.

Allant au bout de sa logique créative elle se lance dans la création de tissus d’ameublement haut de gamme, exposés au musée de Mulhouse, dans le cadre de l’exposition parrainée par Christian Lacroix : « Cachemire de Rêve, Rêves de cachemire ». Simultanément, la société a décidé de faire vivre ses collections de tissus au travers de modèles de prêt à porter féminins qui devraient à terme donner naissance à une nouvelle griffe de vêtements porteurs des valeurs de la société.

En fonction de son vécu, Pierre Schmitt est persuadé que l’un des atouts essentiels, pour les PME, est d’exploiter au plan mondial, l’image qui est celle de la France, notamment pour tout ce qui touche à l’art de vivre.

Une autre des clés de l’export consiste à participer aux manifestations et salons qui sont une source de contacts et de connaissance. Il faut savoir utiliser les aides, les soutiens et accompagnements qui sont mis à la disposition des entreprises qui veulent se lancer à l’international. Enfin aujourd’hui il faut être différent. « Ainsi dans notre domaine s’appuyer sur le savoir-faire de la culture textile tout en sachant la réinterpréter avec modernité est un facteur réel de réussite, particulièrement sur les marchés asiatiques ».