La Brosserie Française (Brosses à dents) - les PME exportent

L’attractivité du Made in France

logo_brosseriePeut-on encore vendre des brosses à dents fabriquées en France ? C’est le pari gagnant  de La Brosserie Française qui en deux ans a fait la preuve que cela est parfaitement réaliste, non seulement sur le marché domestique, mais aussi à l’international.
Olivier Remoissonnet était le Directeur Industriel d’une société du secteur de la brosserie spécialisée dans les brosses à dents (marque Bioseptyl) . Du fait de la mondialisation, d’une politique de sourcing à partir des pays d’Asie, celle-ci allait être contrainte, en 2012, de déposer le bilan. Avec deux autres associés il reprit cette entreprise, en ayant conçu un modèle fondé sur une production 100 % française, concrétisé par le rapatriement d’un certain nombre de machines.
En deux années, les résultats ont été au rendez-vous.  Grâce à une politique commerciale volontariste, la marque Bioseptyl a connu un développement dynamique, en grandes surfaces (le nombre de points de vente détenteur est passé de 170 à 1500) et depuis peu en ligne sur le site Internet (formule d’abonnements). On a également assisté à la même dynamique  pour les marques blanches dans le réseau des pharmacies. Cette trajectoire repose aussi sur un engagement qualitatif et une recherche permanente de l’efficacité. Les produits sont conçus pour répondre aux besoins spécifiques des différentes typologies qui structurent la demande. Cette dimension qualitative s’appuie sur les 170 ans de tradition de la filière de la brosserie de l’Oise dont La Brosserie Française est la dernière héritière.
Le chiffre d’affaires a ainsi atteint 4,2 millions d’euro, 29 personnes sont employées, 8 millions de brosses ont été produites durant les 12 derniers mois.

Au moment de la reprise, l’export représentait 3 % des ventes.  Le développement à l’international, constituait un autre des piliers du modèle économique de l’entreprise. Pour se faire, dès 2012, une stratégie a été conçue et mise en œuvre. Elle a d’abord consisté à engager une spécialiste de l’export, puis à sélectionner un certain nombre de marchés prioritaires, à choisir un accompagnement opératoire.  Celui-ci a été mis en place avec la CCI d’Amiens qui a assuré la relation avec les CCI internationales des différents pays cibles. Modalité qui s’est révélée tout à fait efficace et qui a été complétée par un accord passé avec la Coface.
Ces démarches avaient pour objectif dans un premier temps de rencontrer des distributeurs « bien installés » sur leur marché et partageant les valeurs qualitatives et éthiques qui sont celles de la société.
Les contacts sont avancés avec plusieurs de ces partenaires potentiels. Des contrats devraient être signés, certains avant la fin de l’année dans des pays du Sud-Est asiatique, d’Afrique (Maghreb, Afrique francophone).
En termes de prix, sur le segment du haut de gamme, ceux pratiqués par la Brosserie Française sont inférieurs à ceux des concurrents, malgré le coût de la main d’œuvre française.
L’objectif à 3 ans est de réaliser plus de 25 % du chiffre d‘affaires à l’international.

Les problèmes rencontrés.
Paradoxalement l’approche des marchés étrangers est d’une certaine manière moins complexe que ce que l’on connait en France. Il faut souligner que les accompagnements existants s’ils sont bien utilisés rendent les « choses accessibles ».

Les conseils d’Olivier Remoissonnet Directeur général de La Brosserie Française.
On vit désormais dans un système mondialisé donc très concurrentiel, une PME qui n’exporte pas, met à terme sa pérennité en cause. Les marchés en expansion se situent désormais hors d’Europe, ne pas y aller c’est laisser sa place aux autres.