Les fils de Jean George (placage en bois précieux) - les PME exportent

L’Internet révolutionne les Métiers d’Art

les fils de J. George

Les  Métiers d’Art constituent pour notre économie une véritable richesse insuffisamment connue. Aujourd’hui, comme hier ils représentent pour les exportations de notre pays un atout réel. Une entreprise comme les Fils de J. George spécialisée, depuis quatre générations dans le placage haut de gamme, mariant savoir-faire séculaire et nouvelles technologies, illustre parfaitement le potentiel de réussite de ce type d’activité à l’international.

Depuis 1920, située dans la proche banlieue parisienne, cette société employant 7 personnes, fournit des placages en bois précieux (plus de 170 essences) ou secondairement à partir d’autres matériaux (galuchat, cornes, nacre…). Ils sont destinés prioritairement  à la fabrication et à la restauration de meubles ou d’objets de décoration précieux (cartels, sculpture), mais se retrouvent  aussi dans les  automobiles, les avions ou les bateaux de luxe. Les acheteurs sont généralement des ébénistes, des décorateurs, ou les restaurateurs des grands musées. Les matières premières, des bois rares, palissandre, amourettes, ébènes, acajous…, proviennent de toutes les parties du monde : Amérique Centrale et du Sud, Asie, Afrique. 

Une des premières dimensions du savoir-faire consiste à sélectionner avec rigueur l’origine, la qualité des matériaux. L’actuel dirigeant, Patrick George petit fils du fondateur, a durant des années, été sur le terrain afin de disposer, par des contacts directs et personnels, d’un réseau fiable de fournisseurs. L’autre dimension décisive du métier réside dans la production, elle-même, des placages. La société a, depuis deux décennies, abandonné la fabrication par tranchage. Une technique jugée trop industrielle, afin de se concentrer sur  le « sciage au bois montant ». Procédé authentique garant d’une qualité unique. Pour cela des machines datant du XVIIIe siècle ont été remises en état de marche. La société  possède cinq des sept machines existantes encore dans le monde. 

En 2008, l’entreprise qui compte environ 5500 clients, aura réalisé plus de 55 % de son chiffre d’affaires à l’export, dans 30 pays différents (Europe, Russie, Etats-Unis, Dubaï, Australie…). Les plus grands musées mondiaux (Du Louvre à l’Ermitage à Saint-Pétersbourg) font appel à ses prestations. 

Ces données traduisent dans les faits la mise en œuvre d’une stratégie pertinente parfaitement  adaptée aux spécificités de ce type d’activité. Dans un métier où le relationnel, la confiance sont décisifs, Patrick George a su se faire reconnaître comme un spécialiste incontesté dans son domaine. Dans cette finalité, il a visité personnellement ses clients et clients potentiels dans le monde entier. Il s’est s’impliqué dans les instances du métier et de ses formations, et est devenu un expert international réputé. Il a également formé, sur place, les producteurs de bois, participé aux conférences et manifestations internationales où se rencontrent les acteurs de la profession (Congrès des restaurateurs de Musée…)

L’autre facteur déterminant qui a changé radicalement la vie et la manière de fonctionner  de l’entreprise est lié à l’Internet. Depuis dix ans ce moyen est utilisé au travers d’un site à la vocation pédagogique et pratique, consulté annuellement par plus d’un million d’internautes. Au-delà de la fréquentation, il est devenu un outil de développement très performant. Il assure, non seulement un nombre croissant de contacts, mais il permet aussi de raccourcir les délais, d’augmenter la productivité. A partir d’une simple photo, d’un schéma, les spécialistes de la société peuvent réaliser, sans autre contact, les placages demandés. 

En cohérence avec le rôle qui est le sien, la société s’investit dans la protection de la nature. Une des actions récentes a consisté à replanter au Brésil, en collaboration avec les représentants des fédérations professionnelles françaises et européennes des Archetiers et Luthiers, 120 000 pieds d’essences rares (Pernambouc) qui entrent dans la fabrication de ces instruments et créer ainsi une production durable et éthique. Un enjeu fondamental pour l’avenir de toute la filière.  

Même si la crise fait ressentir ses effets  dans des pays comme les Etats-Unis et la Russie, elle ne freine en aucune manière les projets de développement et les investissements prévus, afin de toujours  améliorer le savoir faire. 

Pour Patrick George, l’export nécessite la pratique de l’Anglais et d’autres langues étrangères. Il est également indispensable d’avoir envie de s’ouvrir au monde et pour cela de bouger de  partir à la rencontre des autres cultures.