Fonderie Barthélémy (ornements funéraires) - les PME exportent

S’associer avec une autre entreprise une formule gagnante à l’international

photo fonderie

Depuis 1925, la Fonderie Barthélémy produit des ornements funéraires en bronze. C’est en 1960, que les parents de l’actuel Président, François Bouis, ont racheté l’entreprise. La société est, en France, le dernier fondeur dans cette spécialité. Du fait de la concurrence internationale tous les autres acteurs du secteur ont disparu. L’ensemble de la production est réalisée sur le site de Crest (Drôme). Au travers d’un réseau de représentants multicartes la société vend ses produits dans le circuit des marbriers et des pompes funèbres. Un catalogue est édité qui présente l’ensemble de la collection qui s’inscrit dans un savoir-faire traditionnel, qui n’a pas empêché la Fonderie Barthélémy de faire preuve de créativité et d’innover en mettant en œuvre des process nouveaux. Aujourd’hui, le chiffre d’affaires se situe à 3,8 millions d’euros, en légère progression. L’emploie concerne 32 personnes.

Le démarrage de l’international a lieu au début des années 90. En 1991, la société expose au Salon de la Pierre de Nuremberg (Allemagne), dont une partie est toujours réservée à l’art funéraire. De façon concomitante, un accord est passé avec une autre entreprise du secteur qui produit, elle des objets funéraires en granit. Il s’agit de créer une société commune qui commercialisera d’abord en France, puis à l’étranger les productions des deux sociétés. Cette entité rémunère les forces de ventes, paye les catalogues, la participation aux salons… Cette association allait se révéler décisive car en mutualisant les coûts occasionnés, elle allait rendre possible le lancement d’une démarche export, que chacune des sociétés n’aurait pu assumer seule.

Si la participation au premier salon n’avait pas été très productive cela tenait essentiellement à l’inadaptation des produits. Ce constat a amené l’entreprise à développer une nouvelle technologie pour les inscriptions figurant sur les tombes à partir d’une machine à commande numérique. Ce procédé permettant de réduire la taille des lettrages, de multiplier les polices. Cette innovation, l’engagement d’un commercial allaient ouvrir à la Fonderie Barthélémy les portes de l’Allemagne, qui reste le grand marché de la société qui ne compte pas moins de quatre représentants dans ce pays. Un autre marché a été ensuite attaqué avec succès : le Benelux. Par contre, si les premières tentatives faites pour pénétrer des pays comme la Pologne (problème de coût de la main d’œuvre), ou l’Italie (nécessité de disposer d’un réseau permanent) n’ont pas été concluantes des solutions sont à l’étude afin de pallier ces difficultés. Aujourd’hui l’export représente 45 % du chiffre d’affaires de la société.

Le principal problème auquel la Fonderie Barthélémy doit faire face à l’international ? Assurer en permanence un haut niveau de qualité pour conserver ses positions en Allemagne. Les exigences à ce niveau sont bien supérieures à ce qu’elles sont en France.

Le conseil de François Bouis Président de la Fonderie Barthélémy. L’export est un processus long et complexe. Il faut avoir les moyens de se donner le droit à l’erreur. Pour une PME, comme l’a fait la Fonderie Barthélémy, pouvoir compter sur un associé dans le cadre de son développement à l’international est un enjeu vital. Au-delà des effets bénéfiques de la mutualisation des coûts, cela enrichit également la réflexion, les échanges ce qui constitue un plus déterminant.