Piriou (Chantier naval) - les PME exportent

La mondialisation profite aussi aux industries traditionnelles françaises

C’est en devenant, en quelques années, une entreprise mondialisée que Piriou s’est adaptée aux nouvelles conditions qui sont celles  du secteur très concurrentiel et difficile de la construction navale.
L’histoire du chantier naval de Concarneau (Finistère), généraliste (construction, réparation, ingénierie)  dédié à la construction de navires professionnels de 15 à 100 mètres, créé il y a 50 ans a connu trois phases.
Jusqu’en 1985, face à la dynamique de cette activité, ce sont essentiellement des bateaux de pêche en France qui constituent le gros des commandes.
Dès 1985, la pêche déclinant en France, une double diversification voit le jour. Exportation de bateaux de pêche vers le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest. Simultanément diversification avec la construction de petits  bateaux de service (transport de passagers,…).
2005, marque un grand tournant. Celui de l’ouverture. Du capital avec l’arrivée d’investisseurs extérieurs ; à l’international du fait de l’accélération de la chute de la pêche et plus généralement du côté très limité du marché français.
Face à l’évolution qu’a connue la construction navale avec la montée en puissance des pays à bas coûts, ce choix stratégique était vital et a permis de développer l’entreprise en France même. Aujourd’hui, le chiffre d’affaires s’établit à 170 millions d’euro. Sur les 1050 salariés, 700 se répartissent sur les différents sites créés hors de France.

Comment Piriou a-t-il procédé pour répondre à ce défi ?
Un principe a prévalu être présent , dans les pays à bas coûts, là où il y a un potentiel réel et où la pression concurrentielle est moindre, tant pour la réparation que pour la construction, en concentrant à Concarneau, en plus des activités classiques, la R et D (bureau d’études) et l’ingénierie. Les implantations ont eu lieu successivement : en 2005 au Nigéria (navires parapétroliers), en 2007 au Vietnam (navires pour l’éolien, le parapétrolier, la pêche), un chantier de réparation vient de s’ouvrir, en 2014, en Algérie.  Les employés dans ces différentes implantations sont des locaux, à l’exception de quelques postes tenus par des expatriés (direction générale et financière, expertises techniques). Ainsi au Vietnam sur un effectif de 400 personnes, on ne compte que 12 expatriés. Fondamentalement ce dispositif permet à Piriou d’offrir à la fois des produits, à un coût compétitif ou Made in France. Il a aussi changé et enrichi la manière de procéder. C’est en reconditionnant un ancien bâtiment de la marine française que la société a remporté une commande de la marine gabonaise. Pour être plus compétitif en termes de prix et de délais, Piriou a commencé à produire, dans le domaine des navires standards, « sur stock ».
Cette structure mondialisée s’appuie sur un maillage commercial « internationalisé ». Deux bureaux, en plus de la France, l’un à Singapour, l’autre à Dubaï, couvrent respectivement les marchés asiatiques et ceux de l'Afrique et du monde arabe. Un réseau d’agents commerciaux est présent dans  différents pays. Ils ont pour mission d’informer la société en amont des commandes ou des appels d’offres.
Dans ce marché mondialisé il importe aussi de se faire connaitre, de se différencier au sein d’une offre nombreuse et multiforme et cela pour être consulté, pour être un acteur du marché. Dans cet objectif la société expose dans une douzaine de salons internationaux chaque année. Le site Internet en 4 langues (Français, Anglais, Espagnol, Vietnamien) et bientôt en Arabe sert de vitrine. Les Relations Presse sont mises en œuvre dans les titres spécialisés. Des partenariats notamment avec la DCNS et Défense Conseil International, ont été conclus.
A terme,  le développement passera par des implantations dans de nouvelles zones géographiques (Asie, Afrique de l’Est…). Tous les 5 ans, une étude stratégique est réalisée afin de mieux coller à la demande et de répondre de manière optimale aux évolutions du marché.

Les conseils de Pascal Piriou Président.
Il faut anticiper le développement à l’international, c’est-à-dire lancer la démarche à temps avant d’y être contraint, ne serait-ce que pour prendre en compte la durée du processus.
Il ne doit pas s’agir d’un palliatif, mais d’une complémentarité,  
On ne doit pas hésiter à s’appuyer sur des partenaires locaux fiables, soit seront les bons relais capables d’expliquer comment fonctionnent les choses dans leur pays. Egalement prendre contact avec les sociétés implantées dans le pays visé pour obtenir, par ce canal aussi, de bonnes informations. Eviter de travailler en solitaire mais disposer de réseaux efficaces.