Fonderie Giroud (fonderie) - les PME exportent

Une adaptation permanente à la spécificité des marchés industriels

La Fonderie Giroud Industrie est un exemple éclairant qui montre que dans notre pays, contrairement aux idées reçues, même les entreprises des secteurs industriels les plus traditionnels peuvent non seulement renaitre mais aussi s’imposer  à l’international.
A l’origine, entreprise familiale créée en 1947, cette fonderie produisait essentiellement des pièces mécaniques, avant de s’orienter à la fin des années 80, vers la production de pièces industrielles techniques plus sophistiquées. La fonderie familiale, rachetée en 1993, par un groupe suisse, allait être contrainte au dépôt de bilan en 2003. Elle fut reprise en 2005 par Patrick Collin, P.D.G de la précédente structure, et deux autres cadres  associés.
C’est en investissant dans l’outil de travail, dans la formation du personnel et  dans la R et D (6 ingénieurs à ce jour), que la société s’est adaptée en permanence à la  fabrication de pièces correspondant à des cahiers des charges précis allant de 30 kilos à 5 tonnes. Qu’elle a pu répondre à des demandes spécifiques, sur mesure de grand groupes appartenant à des filières telles que les moteurs diesel, la robinetterie, les turbines à gaz …ou le ferroviaire. C’est ainsi que la Fonderie Giroud Industrie réalise désormais un chiffre d’affaires de 11 millions d’euro et emploie 65 salariés.

L’exportation a débuté dès les années 1990. Elle constitue une obligation compte tenu de la désindustrialisation de la France. C’est une démarche qui s’est faite dans la durée et qui a permis de travailler de manière récurrente avec de grands groupes (ABB, Goodyear, Caterpillar, G.E …). Elle correspond à une « véritable construction » qui a permis de répondre à des demandes souvent plus exigeantes que celles des donneurs d’ordre français.
L’approche des marchés, s’est faite séquentiellement. Elle s’est d’abord focalisée sur les  pays européens les plus industriels : l’Allemagne, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas. Elle s’est étendue par la suite aux pays Scandinaves, à l’Autriche et à la Suisse. Quelques commandes émanent aussi ponctuellement de destinations plus exotiques. Le processus de signature des contrats peut s’avérer extrêmement long (3 ans pour la Finlande par exemple). Tous les clients sont traités en direct. Actuellement le commercial dépend d’un responsable et d’une assistante administrative, prochainement un nouveau commercial pour la zone francophone sera recruté, il aura entre autres pour mission de prospecter le marché français.
 Aujourd’hui, l’export représente 80 % du chiffre d’affaires (60 % il a deux ans). Ce résultat a été obtenu parce que l’entreprise a adopté une stratégie qui a modifié sa structure même et sa façon de travailler. Les embauches depuis des années ont amené au recrutement d’un personnel bi ou trilingue et cela dans toutes les fonctions. Un effort qualitatif permanent a été mené aboutissant à des agréments dans la plupart des pays et à des certifications.
La société bénéficie d’un bouche à oreille extrêmement positif renforcé par sa présence à de nombreux salons (Midest, Hanover Messe…). Le site Internet s’avère également très performant dans le faire-savoir puisque les consultations dépassent chaque mois le chiffre de 1000.

Les problèmes rencontrés.
Ils ne se situent pas au niveau des clients ou des marchés. Ils sont liés à l’image de la France qui souvent n’est pas crédible au plan industriel, notamment dans des pays comme l’Allemagne.

Les conseils de Patrick Collin, Président de la Fonderie Giroud Industrie.
Il faut simultanément avoir confiance en soi et être sûr de son produit. Il est vital de s’engager dans une vraie démarche qui sera longue, mais se révèlera payante à terme. Aller à l’international est indispensable. Si la Fonderie Giroud Industrie n’avait pas pris ce chemin elle n’existerait plus.