Savonnerie de l’Atlantique (savon) - les PME exportent

 

Le dernier industriel français du savon s’impose à l’international.

 Les reprises d’entreprises donnent souvent lieu à des réussites sur le marché domestique comme à l’international. La Savonnerie de l’Atlantique illustre parfaitement ce type de parcours.
C’est en 2006, que trois cadres reprennent la société qui les employait, dont l’activité allait de la savonnerie à la parfumerie et qui du fait de la vente de sa marque vedette (Persavon) avait été acculée à la faillite.
Une décision stratégique fut immédiatement prise. Se concentrer exclusivement sur un cœur de métier : le savon. Ce qui a impliqué de répondre à toute la palette de la demande : marques de distributeurs (MDD), savon de Marseille, de ménage, produits spécifiques, sans oublier les bases, matière première utilisée par les marques…
Aujourd’hui, dernière entreprise produisant de manière industrielle du savon dans notre pays, les autres marques françaises existantes n’étant que des conditionneurs, la société est devenue un acteur reconnu. En plus de ses propres marques, elle a pour clients pratiquement toutes les grandes enseignes de la distribution ainsi que des grandes marques. Le chiffre d’affaires atteint désormais 11 millions d’euro. 45 salariés sont employés..

Si pour des raisons historiques l’export existait avant la reprise, à partir de 2008, de par la volonté de son Président, une politique de développement systématique a été lancée à l’international.
Les marques de distributeurs ont emmené la société en Europe (Belgique, Espagne…) ainsi qu’à Taïwan. Mais ce sont les ventes directes qui constituent l’essentiel du chiffre réalisé (90 %) hors de France. Elles concernent les marchés traditionnels que sont le Maghreb et l’Afrique francophone et aussi les USA, Cuba, Haïti, le Canada et depuis peu la Chine, le Japon et la Corée… Désormais l’export représente 28 % du chiffre d’affaires, à terme ce pourcentage devrait se situer à 50 %.

Comment la société procède-t-elle ?

Dès 2008, une marque propre, La Cigale, a vu le jour. C’est la diversification des gammes qui en répondant aux attentes spécifiques a permis le développement : du savon de ménage aux produits sophistiqués et sur mesure pour les USA par exemple, de savon pour bébé en Chine (une garantie de qualité et de traçabilité dans ce pays)… Dans tous les marchés sans exception, l’entreprise a fait le choix de passer par des importateurs. Ceux-ci sont recrutés après des premiers contacts pris dans le cadre de salons internationaux. Des demandes spontanées émanant de marques sont générées par le site Internet. Dans quelques pays plus lointains, c’est le cas de la Corée, la société a participé à des missions de prospection organisées par Ubifrance.
Au niveau interne le Président, passionné par l’international, continue à assumer la fonction commerciale assisté par deux collaboratrices (administration des ventes…) bi et trilingues.

Le problème rencontré à l’international.

Dans de nombreux marchés, la qualité des produits doit être irréprochable, ce qui demande un suivi et un soin particulier.

Les conseils d’Yvan Cavelier Président de la Savonnerie de l’Atlantique.

L’exportation ne peut fonctionner que si c’est le chef d’entreprise lui-même qui s’implique dans la durée. C’est en allant sur place que l’on se rend compte des spécificités des marchés qui nécessitent souvent de modifier les méthodes et l’organisation interne. Pour s’adapter il est indispensable de savoir se remettre en cause.

 
Robert HAEHNEL le 24/02/2015