Dodane (horlogerie) - les PME exportent

La force des légendes à l'international.

Les grandes histoires ne finissent jamais, comme le montre le parcours de Dodane. C’est en1857 qu’Alphonse Dodane créa, dans le Doubs, une entreprise d’horlogerie qui allait se spécialiser dans un domaine particulier. Visionnaire, croyant à l’avenir de l’aéronautique il dédia son activité à la conception et à la production d’instruments de bord destinés aux avions militaires.

Ses héritiers allaient continuer à développer, avec succès, ce créneau. Dans les années trente, la société décrocha un nouveau contrat avec les armées, celui d’un chronographe innovant (équipé du système flight back), conçu spécifiquement  pour les pilotes et que ceux-ci recevraient dans leur paquetage. C’est aussi à cette époque que plusieurs fabricants d’avions civils et militaires passèrent commande d’un instrument de bord indispensable à la navigation, le Type 11. En parallèle, la fabrication de montres pour femme et pour homme pris de l’importance.

En 1994, l’entreprise fut obligée de déposer son bilan. Mais cette extrémité, n’allait pas mettre fin à cette histoire, puisque Cédric Dodane incarnant la cinquième génération familiale s’appuyant sur le savoir-faire, décida en 2001 de faire revivre la marque.

Si dans un premier temps répondant à la sollicitation de l’armée, cette nouvelle entité se consacra prioritairement à la maintenance des instruments de bord , et à la vente d’un nouveau Chronographe de bord Type 211, elle allait rapidement renouer avec la production de montres exclusives qui avaient fait la réputation de Dodane. En 2005, fut relancé à l’usage des pilotes le mythique « type 21», et en 2012, 750 Type 23 « Armée de l’Air » furent vendues au pilotes de chasse français(600 mécaniques, 150 à quartz). En 2014, trois autres modèles furent également réalisés à l’occasion de la célébration des 80 ans d’Air France. Ceux-ci ont inspirés de nouvelles montres proposées au grand public dans les prochaines semaines.

Aujourd’hui Dodane, toujours localisée à Besançon, se charge de la conception technique des modèles comme du design ainsi que de l’assemblage des différentes pièces et mouvements dont la fabrication est sous –traitée en Franche-Comté et en Suisse.

En 2014, le chiffre d’affaires a été de 800 000 € et connait une forte progression. 6 personnes sont employées.

Compte tenu de l’image et de la notoriété de la société, des ventes à l’étranger ont été générées par des demandes spontanées émanant, d’importateurs, c’est le cas pour les Etats-Unis, ou de points de vente haut de gamme du Luxembourg, des Pays Scandinaves ou du Royaume-Uni.  Les commandes portent soit sur les versions grand public , soit sur la réalisation à la demande, de modèles spécifiques. La satisfaction des clients, le site Internet, la présence, sur de nombreux blogs dédiés et au salon du Bourget ont été à la source de ces contrats.

Aujourd’hui, la société est prête et a la volonté de se développer à l’international. Les opportunités ont un potentiel limité puisqu’elles représentent moins de 10 % du chiffre d’affaires. Aussi il a été décidé de participer, début 2015, au salon international de Bâle la manifestation horlogère de référence au plan mondial. Les résultats ont été très impressionnants en termes de contacts. Ils sont  se sont concrétisés avec plusieurs importateurs japonais, européens (Scandinavie, Italie, Allemagne) et moyen-orientaux, sans oublier le Brésil. Leur exploitation qui est en cours devrait rapidement se transformer en commandes. 

Les problèmes rencontrés.

Trouver les bons interlocuteurs, ceux qui sauront mettre en valeur la marque qui est indépendante. Avoir les moyens afin de se lancer à l’international, une démarche qui implique des investissements sérieux.

Les conseils d’Elodie Dodane.

Etre présents dans les salons est un point de passage obligé. C’est le meilleur moyen de rencontrer ses futurs partenaires. Cela représente un coût parfois important mais qui se justifie aussi par le gain de temps obtenu.

Il est par ailleurs indispensable de croire en son produit.

Enfin, le savoir-faire français dans le haut de gamme continue à être mondialement reconnu, à faire rêver. C’est un atout qu’il faut savoir exploiter.

Robert HAEHNEL le 24/04/2015