Ecoceane (bateaux de dépollution) - les PME exportent

 

L’irrésistible potentiel de l’innovation à l’international

logo ecoceaneLe hasard constitue parfois le catalyseur qui permet à la créativité et la réussite entrepreneuriale, de s’exprimer comme l’illustre le parcours de la société Ecoceane. Au départ, en 2001, le dirigeant d’une société de BTP, pour les besoins d’un chantier situé sur une île, commande une barge. Juste avant la livraison de celle-ci, le fournisseur fait faillite. Pour l’obtenir il décide de racheter le petit chantier naval.
Que faire de cette acquisition ? Les clients habituels se faisant rare du fait de la crise de pêche, l’idée d’un concept nouveau émerge : la construction de bateaux de dépollution. Le premier prototype est achevé dès 2003. Il permet de collecter, les déchets solides à l’avant. A l’arrière de recueillir les hydrocarbures grâce à un séparateur de flux, une innovation ayant fait l’objet d’un brevet. Ce produit correspond à des unités de 4 à 6 m destinées essentiellement au nettoyage portuaire. La pratique, des études constantes allaient permettre d’optimiser, d’améliorer encore l’efficacité du procédé. Une politique systématique de R et D (6 millions d’euros investis) allait donner naissance à des créations ambitieuses qui révolutionnent les possibilités de dépollution. Un nouveau prototype, un catamaran de 18 m, le Workglob sera baptisé le 27 novembre 2009 par le Ministre de l’environnement. Il présente une solution performante et totalement innovante. Alors que les moyens classiques utilisés (un bras articulé sur un pétrolier) ne permettent de pomper qu’en période de mer calme, celui-ci est en mesure de récupérer jusqu’à 80 mètres cube d’hydrocarbures à l’heure et peut fonctionner normalement jusqu’à une mer de force 5. Un autre projet est en voie de finalisation il sera adapté aux conditions de travail extrêmes de l’Arctique.

Les acheteurs de ces bateaux sont prioritairement les gestionnaires de port et les sociétés de services intervenant lors des pollutions maritimes. D’ores et déjà 70 unités ont été vendues dans le monde. La société emploie 30 personnes sur son site de Paimpol. Le chiffre d’affaires devrait connaître très vite un bond considérable car les nouvelles unités qui seront commercialisées dès la fin 2011 aurontun prix de vente unitaire se situant à 1,5 million d’euros.
Aujourd’hui, l’international représente 85 % des ventes d’Ecoceane.Ce résultat a été obtenu en exposant systématiquement dans les salons spécialisés de différents pays. Avec l’aide d’Ubifrance (stands , missions…), les contacts ont été pris afin de recruter des courtiers présents désormais dans 40 pays. Ceux-ci sont payés à la commission. Désormais, la notoriété de la société, son image, permettent d’être extrêmement sélectif et de ne plus accorder d’exclusivité.
En plus des salons, du site Internet qui sera reconfiguré en octobre 2011, Ecoceane participe à des conférences et crée systématiquement des événements auprès de clients potentiels ou des prescripteurs (représentants des pouvoirs publics, syndicats des gardes côtes…). C’est ainsi que le lancement commercial de la gamme « Workglob » se déroulera les 25 et 26 octobre à Malmö (Suède) en présence de plus de 300 leaders d’opinion, membres des professions pétrolières, universitaires… Le fait que les autorités américaines, en 2010, ont demandé à la société de participer aux opérations de dépollution dans le Golfe du Mexique a beaucoup contribué à crédibiliser les procédés mis en œuvre. Aujourd’hui, les ventes concernent 20 pays d’Europe, mais aussi l’Australie, l’Asie, les USA. L’organisation interne pour l’export s’appuie sur 6 commerciaux responsables chacun d’une zone géographique dans laquelle ils animent le réseau de courtiers.

Le problème essentiel que rencontre Ecoceane à l’international ? Une absence de soutien des acteurs de la dépollution de notre pays (Le CEDRE par exemple), qui restent trop accrochés, concernant les hydrocarbures, au concept de dépollution du rivage et non en mer. Cette attitude prive la société de références qui sont importantes dans certaines zones (Afrique Francophone…). Par contre pour le financement de son activité Ecoceane a pu compter sur le soutien d’Oseo, comme sur le Crédit Recherche à destination des PME innovantes.

Le conseil d’Eric Vial Président d’Ecoceane. Il faut croire à la vocation internationale de son entreprise, savoir utiliser par ailleurs les services qu’offrent des entités dédiées comme Ubifrance pour pénétrer les marchés.

Robert HAEHNEL le 07/07/2013