Sinnoveg (plantes) - les PME exportent

L’innovation par les plantes

photo temoignage sinnoveg

C’est en 1975, que Daniel Soupe créa un groupe de pépinières portant son nom. En 2004, la société Sinnoveg (Société d’Innovation Végétale) vit le jour au sein de cette entité. Elle concrétise la valeur de l’inventivité et démontre, s’il en était besoin, que l’innovation a sa place dans tous les secteurs d’activité et n’est pas l’apanage du seul secteur des « high tech ».
A l’origine, la pépinière de Daniel Soupe correspondait à une volonté. Au-delà de l’ornemental classique, cultiver des arbres sauvages et redonner leur place aux formes naturelles. Cette orientation novatrice allait lui ouvrir, en plus de celui des particuliers, le marché des collectivités et particulièrement celui des villes. Les espèces végétales naturelles, dans de nombreux cas, apportent un plus certain à l’esthétique des espaces urbains, et résistent aux conditions très particulières de cet environnement.
Poussant plus loin sa réflexion, Daniel Soupe souhaita, dans le cadre de Sinnoveg, étendre l’utilisation des végétaux à la résolution des problématiques spécifiques des milieux urbains.
C’est ainsi que fut modernisé et renouvelé le concept de la haie défensive. A partir de brevets c’est un véritable système, de végétaux « tressés et tricotés » qui permet d’obtenir une clôture anti-intrusion et infranchissable parfaitement efficace. Le développement a duré pratiquement 17 ans. Après des tests concluants, la mise sur le marché a eu lieu en 2004. Ce produit a rencontré un succès immédiat à l’international.

Comment a procédé la société pour réussir sa pénétration à l’étranger ?
Elle s’est appuyée sur les compétences des Chambres de Métiers, sur les prestations d’Ubifrance en Chine par exemple, Sinnoveg se fait connaître dans les salons professionnels dédiés à la sécurité (Milipol en France, mais aussi Shanghai, Abu Dhabi…). Les marchés prioritaires sont ceux de pays fortement motivés par le sécuritaire. Les clientèles appartiennent simultanément au civil (villes, entreprises…) et au secteur de la défense où les contrats se passent par voie d’appels d’offres. A ce niveau d’ailleurs le potentiel reste énorme, puisque le végétal remet en cause, de par son haut niveau d’efficience, comparé aux solutions habituelles, tous les programmes de sécurité.
Systématiquement, lorsque les contrats ont été conclus, une ou plusieurs structures sont constituées avec des locaux dans chaque pays concerné. C’est le cas au Maroc, en Egypte, à Abou Dhabi…Il ne s’agit pas obligatoirement de structures de production. Ces partenaires doivent présenter toutes garanties de sérieux et de professionnalisme.
Les problèmes essentiels rencontrés sont, d’ordre sanitaire, car, faire voyager des végétaux reste une opération complexe. D’autre part, l’extrême nouveauté des process rend nécessaire de visualiser, les produits, leur efficacité, « les gens veulent voir ». Il est indispensable d’envoyer des échantillons, de disposer de show- rooms. Cette réalité explique que l’Internet reste avant tout une vitrine et ne génère pas encore de commandes directes.

L’innovation continue à être le moteur de la société. Des brevets ont été déposés pour une clôture en végétal à base d’épineux. Un produit s’adressant à un nouveau marché a été testé et commence à être commercialisé : « les Parois Acoustiques Végétales » (PAV). Dès la première année de son installation, cette barrière fondée sur une technique d’auto greffage, offre les mêmes performances acoustiques que les parois actuelles (béton…). Avec le temps, en s’épaississant, en montant, elle parvient à oblitérer de manière totale toute nuisance sonore. Ces Parois Acoustiques Végétales sont en cours d’élaboration et devraient être testées dans quelques mois.

Quels conseils Daniel Soupe souhaite-t-il donner aux dirigeants de PME ? Tenir compte de la culture du pays, rechercher des Français qui connaissent les us et coutumes locales, se renseigner à fond. Il faut fuir les intermédiaires qui prétendent « ouvrir toute les portes ». Ne pas hésiter à faire appel aux organismes ad hoc pour sécuriser les paiements. Enfin, ne jamais oublier que la technologie cela marche à l’international, a fortiori celle des végétaux puisqu’il n’y a jamais de service après-vente à prévoir.