Sabella énergie (hydroliennes) - les PME exportent

Sabella la PME qui porte la filière hydrolienne à l'international

 Etre  un acteur essentiel du développement d’une nouvelle source d’énergie n’est pas l’apanage des grands groupes. Sabella PME bretonne de 11 ingénieurs, pionnière de l’hydrolien, démontre le rôle que peuvent jouer les PME, non seulement dans l’innovation mais dans le développement d’une nouvelle filière.

Si, la société avait déposé un premier brevet d’hydrolienne en 2001, il a fallu attendre novembre 2015 pour que l’électricité produite par une machine Sabella D10 immergée au large de l’ile d’Ouessant soit  raccordée au réseau d’ERDF, une première nationale, très prometteuse.

La longueur de ce parcours s’explique essentiellement par le caractère radicalement nouveau de cette technologie ce qui suppose  de convaincre, d’évangéliser, les pouvoirs publics, les décideurs économiques, des investisseurs, afin de pouvoir disposer des fonds nécessaires.

Malgré, dès 2001,  le soutien de l’Ademe, ce qui allait permettre de concrétiser le concept,  la labellisation par le Pôle Mer de Bretagne en 2005, ou l’intérêt manifesté par l’ex Agence de l’Innovation Industrielle, les subventions nécessaires été longues à mobiliser

En définitive, face au problème énergétique que connait la Bretagne, la Région et son Président ont soutenu le lancement de cette activité  pour exploiter ses sources d’énergie marine. Et permettre en 2008 l’immersion d’une première machine (Sabella D03). Le fait que Sabella ait  été désigné en 2010 comme le  lauréat pour un soutien à un démonstrateur hydrolien, lors de  la soumission organisée par l’Ademe, allait permettre de bénéficier de fonds publics (Investissements d’Avenir et Feder Bretagne). Ceux-ci ne représentant  que 40 % des 10 millions d’euros nécessaires pour le développement du projet d’hydrolienne D10, il a fallu avoir recours à des investisseurs privés (2 PME des Pays de Loire, et 2 fonds d’investissement) ce qui demanda 4 ans.

La  machine D10 immergée au large d’Ouessant, couvrira de 10 à 15 % des besoins en électricité de l’ile et se traduira par une économie annuelle  de 300 000 litres de fuel. Un partenariat avec Engie devrait conduire  en 2017 à la construction de deux autres machines D15 dans le cadre d’une ferme pilote pour Ouessant.  Ce qui répondra à 60% de la consommation électrique de l’ile.

Sabella ne s’est pas limitée au marché français. L’hydrolien par ses spécificités constitue un moyen de production d’électricité très compétitif pour les iles (présence de courants marins à proximité) et aussi pour certains « territoires lointains ».

Différents pays ont été amenés à contacter la société, à venir en délégation sur place. Ces contacts ont abouti non seulement  à l’étude de  projets, mais aussi  à la signature de contrats.

Aux Philippines, un marché  a été obtenu grâce à un accord passé avec un énergéticien local. Après étude et définition du projet, c’est une puissance de 5 Mégawatts qui sera installée pour démonstration. Ce qui correspond à un marché de plusieurs dizaines de millions d’euro remporté face à des grands concurrents.

En Indonésie, le plus grand archipel du monde, toujours en collaboration avec des acteurs du pays, SABELLA initie une filière franco-indonésienne, pour pénétrer un « énorme marché » couvrant toute la chaîne des opérations et qui devrait voir le jour à court terme. 

Au Canada, la technologie hydrolienne a été retenue afin d’approvisionner les territoires du Grand Nord de ce pays en exploitant le potentiel des mers arctiques. Les conditions climatiques vont demander une adaptation des machines.

D’autres contacts prometteurs ont de plus été pris avec différents pays d’Amérique latine et d’Asie du Sud-Est.

D’ici deux années, l’international représvaleurentera plus de 60 % du chiffre d’affaires de Sabella. Ce marché de niche devrait, seon les experts,  représenter à terme   un parc  30 000 machines  d'une valeur de milliards d’euro .

Deux principes fondent la démarche de la société à l’international : vendre du matériel au maximum Made in France. Se faire accompagner par la Coface et la BPI.

Le problème rencontré.

Pour Jean-François  Daviau  Président de Sabella, ce sont les garanties financières d’une part et en termes d’image,  la taille de l’entreprise  qui constituent les difficultés majeures à l’international, face à ces grands projets.

Robert HAEHNEL 08/12/2015